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Nom : LEDOUX
Prénom : Francis
Indicatif(s) : ON4XE – F3LF

• Date de naissance : 01/04/1932
• Lieu de naissance : PARIS - 4ème Arrondissement
• Tes études : Bac Maths – plusieurs certificats CNAM et cours du soir à Genève.
• Ton parcours pro : Audio / Studio / Fabrication micro/informatique/Circuits imprimés.

 

 

• Comment es-tu venu à la radio ?
Les ondes radioélectriques m’ont été dévoilées alors que très jeune, autour du poste de radio familial, avec mes parents, nous écoutions « les français parlent aux français » diffusé par la BBC, pendant la guerre. Il y avait certes le brouillage, mais la voix restait compréhensible.

C’est ainsi que je découvris les vertus des ondes courtes.

A la fin de la guerre, je suivais mes parents, passant de Tunisie en Algérie, puis au Maroc. A Casablanca, avec le récepteur BCL familial et en limite des « petites ondes » j’écoutais alors les conversations des marins à bord des chalutiers.

Tournant le bouton sur la bande des 40 mètres, j’entends des radioamateurs échangeant des informations sur leurs moyens de communication. M’invitant chez l’un d’eux, j’attrape le virus pour occuper mes temps de loisirs après l’école et les devoirs. 

Une nouvelle turbulence me fit transporter à Bruxelles chez une tante et un oncle, mes parents restant au Maroc pour des raisons professionnelles. C’est donc en Belgique devenu membre de l’UBA, (Union Belge des Amateurs Emetteurs), que je postule pour l’examen. Celui-ci passé, je reçois l’indicatif ON4XE et fais mes premiers QSO en CW, n’étant pas autorisé en phonie !

De retour à Paris, c’est avec Monsieur SIGRAND que je passe l’examen dans mon QRA pour obtenir la licence en « F ». Comme il y avait encore un choix d’indicatif, ce sont mes initiales qui ont été choisies,
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 F3LF 02 • Quelques grands évènements de ton parcours de RA ?
Mon premier TX de fabrication « maison » a été doté de la légendaire 807 ; Quant au récepteur, ce fut un BC-342 venant des surplus militaires. C’est ainsi que parmi mes premiers QSO en « F », j’ai eu la chance d’en faire avec F9AA, alors Président du REF. Il m’invite à son QRA et me parle du projet du film intitulé « Si tous les gars du monde », titre d’après l’œuvre de Paul FORT. Henri-Georges CLOUZOT était pressenti comme réalisateur, car le sujet l’intéressait. Il voulait réaliser le film en couleurs avec une distribution exceptionnelle. Mais H.-G. CLOUZOT tombe malade et cède les droits à CHRISTIAN-JAQUE. Ce sera la station de F8YT qui sera installée au studio pour les besoins du tournage, l’opérateur de la station étant interprété par Jean-Louis TRINTIGNANT. Il m’a été confié le soin de conformer quelques phrases des dialogues avec les termes de notre jargon.
Un autre, c’est aussi l’époque de mon service militaire qui se prolonge du fait de la guerre d’Algérie. 
Les jours de permission sont occupés par la construction d’un TRX 144 MHZ qui servira aux expéditions au Mont-Blanc l’été 1956. L’ensemble TRX et son alimentation avec des batteries « Argent-Zinc » sera décrit dans le numéro de Janvier 1957 de la revue « Toute la Radio ».
• Quelques anecdotes ?
L’activité professionnelle me fait prendre divers postes où l’électronique, puis l’informatique sont importants : installation des premières tireuses sur papier « Kodacolor », système d’apprentissage dactylographique avec des panneaux lumineux et des langues avec des bandes magnétiques.
Recherchant un emploi qui me ferait voyager, je rentre à LMT (Le Matériel Téléphonique) pour l’installation et la mise en service de relais troposphériques de l’alliance Atlantique. C’est sur le site de Pierre-sur-Haute en Auvergne que l’on installe des émetteurs à klystron de 10 kilowatts alimentant des antennes de 10 mètres de diamètre. Le contrat terminé, j’offre mes services au CERN à Genève et je suis engagé dans la division « Machine Synchro-Cyclotron ».Mon activité (1963 à 1972) fera l’objet de plusieurs rapports internes et d’améliorations pour la conduite de cette machine. Pendant cette période, je n’ai pas pu faire de trafic, les étrangers ne pouvant pas émettre depuis la Suisse, ce qui n’est heureusement plus le cas maintenant.
Une compensation m’a été offerte en devenant membre de l’I.A.R.C. (International Amateur Radio Club) dont la station 4U1ITU est située au palais des Nations-Unies à Genève. Revenant à Grenoble et après une année universitaire et un stage en entreprise, je suis engagé chez HEWLETT-PACKARD. Responsable de systèmes de test pour des éléments d’ordinateur, j’ai l’occasion de faire des stages aux USA, et ainsi de faire des QSO « visu » chez quelques OM «W». En 1989, je crée une société MTF (Marine, Technique, Fiabilité) et réalise in système de géolocalisation via un réseau satellites, utilisé pour le suivi des véhicules et la communication entre chauffeurs et la société de transport.
Mon autre activité étant la navigation, c’est avec la « Transat des Alizés » que s’est réalisé la symbiose des deux disciplines. En 1984 de Casablanca à Pointe à Pitre. Tout au long de cette traversée, je réalisais des QSO en suivant les calculs de propagation que m’avait fait F8SH. Je réitère en 1997, partant de St Quaix Portrieux à Casablanca sur le Pen Duick 6. Dans cet esprit, J’ai installé un système Inmarsat (Danemark), que je représentais en France, sur le voilier de Laurent Bourgnion pour la route du rhum.
Le gout des voyages a été prépondérant ces dernières années. C’est ainsi que j’ai été équipier sur un voilier pour doubler le Cap-Horn. Plus récemment, j’ai participé avec mon XYL à une navigation vers les Terres Australes Françaises. Les vendredis, je participe aux réunions du Radio-Club de TULLINS, F6KJJ.
Je souhaite pouvoir continuer à faire de sympathiques QSO et faire des montages afin d’expérimenter les nouveaux modes de modulation.
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• Comment vois-tu aujourd’hui le radio amateurisme ?
Il y a des nouvelles activités, surtout en numériques, mais beaucoup de petits groupes et manque de cohésion entre radioamateurs, ce qui est dommage pour l’éthique.

• Tes projets dans la radio ?
Tout d’abord, réviser mes antennes, coaxiaux, etc… Refaire également une base 400 MHz en vue de trafic classique et DMR.

• Comment expliques-tu à des non-initiés ce qu’est le radio amateurisme ?
C’est toujours intéressant de dire qu’il y a autre chose que les portables (GSM). On revient à l’expérimentation par un mixte de l’émission traditionnelle et l’informatique, expliquer qu’il est encore possible de prendre le fer à souder et de faire quelques mesures.

 

 • Un petit mot pour des jeunes qui serait intéressés par la radio ?
C’est toujours un grand champ de découverte et d’expérimentation. L’attrait des concours, l’émission et réception avec l’espace, étudier les mouvements célestes, les liaisons satellites, l’écoute SDR, la visualisation en SSTV et TV via ISS, ne pas oublier les montages QRP et la chasse aux renards.
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Transat des Alizées - 1984
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Cap Horn - 2004

 

Les QSL de Francis

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 Interview F5STQ - mai 2016